Un problème de carburation ...
Jeudi 10 août 2023, nous décidons d'aller faire une grande balade en cab avec notre petite chienne Tsuki.
Malheureusement, et pour la première fois depuis le 8 août 2011 (12 ans et deux jours !), tracab va nous jouer des tours. Une longue côte avenue de Tervueren, et au bout d'un km environ, en 3ème, le moteur se met à "hoqueter". En relâchant l'accélérateur il repart, puis recommence dès que j'accélère. La jauge indique 15 l, mais comme elle est parfois assez agitée nous faisons demi tour pour remettre de l'essence. La voiture roule normalement jusqu'à la côte, puis recommence ses hoquets. Nous décidons de la ramener au garage, pas de problème en plat et en descente, mais et nous ferons la promenade en Alfa ...
Rentrés à la maison le soir, je démonte la cuve du 30 DHT, elle est parfaitement propre et remplie, et les gicleurs ne sont pas bouchés. Essai, toujours des hoquets après quelque centaines de m en côte. Je passe à la pompe AC, et je remplace la cuve de décantation en verre par un couvercle en tôle adéquat, comme je l'avais fait en 2011 avec succès. (Voir aussi ici). Mais rien à faire, pas de "succès" cette fois ...
Je vais donc attaquer le problème pas à pas, en partant du réservoir et de ses tubulures. Si cela ne résoud rien je démonterai la pompe, et si cela hoquette toujours je démonterai le carbu ... En effet, si je vérifie tout en une fois et que le problème est résolu, je ne saurai pas quelle était la cause réelle. Je relis l'article d'Olivier sur le circuit d'essence , et il est du même avis ...
Samedi 12 août, je vais donc démonter toute la tuyauterie depuis la pompe jusqu'au réservoir. Je voulais d'abord donner un coup de souflette dans l'entièreté du circuit, mais j'ai prêté mon compresseur en 2013. Je téléphone à l'emprunteur (qui n'a heureusement pas changé de numéro), le compresseur est paraît-il "perdu", mais il va m'en racheter un autre ... la semaine prochaine. Mon gentil voisin me prête un compresseur "home made" fabriqué il y a 20 ans avec un compresseur de frigo et une vieille bonbonne, mais il ne démarre pas quand j'en ai besoin. 
Démontage de la durite souple référence 588 994 arrivant à la pompe (posée en 2011) : 
En soufflant (très fort) à la bouche, pas de glou-glou dans le réservoir, l'air ne passe pas, mais je n'ai peut-être pas assez de souffle ?
Démontage de celle sous la pointe de l'aile AR G (posée en 1993) :

Il faut maintenant démonter la dernière durite allant du tuyau rigide courbe sous l'aile jusqu'au réservoir, mais sur un cab les trappes d'accès au réservoir, présentes dans le coffre des berlines, sont condamnées puisqu'il n'y a pas de coffre ici. Pas d'autre solution que de déposer le réservoir, et pour cela d'abord démonter le dernier tronçon du tuyau d'échappement : 
Evidemment le réservoir est plein d'essence, et je vidange 20 litres dans un bidon :
. Je descends le réservoir, mais la voiture sur chandelles n'est pas assez haute pour le tirer complètement : 
Mais j'ai accès à la dernière durite (posée en 1993) :
, et au plongeur :
que je démonte :

Cela commence à faire désordre : 
Les trois duites souples ne sont pas bouchées. mais je remplacerai celles de 30 ans par précaution ...
Je souffle dans les deux conduites rigides en cuivre, pas de problème avec celle sous l'aile, mais celle sous la coque nécessite un gros effort (pulmonaire), puis l'essence se met à couler à son extrémité sous l'aile AR G et mes poumons peuvent se reposer ... Serait-ce la cause des hoquets ? Ce serait trop beau !
Dimanche 13 août, je décide de lever davantage la voiture afin d'extraire complètement le réservoir, et de le vidanger entièrement (encore environ 7 l )
pour faciliter son nettoyage avant sa repose :
Il y a eu des fuites d'essence au niveau de la jauge et du tube plongeur, et mes connexions de 1993 sur la jauge ne sont plus très jolies, les embouts plastique se sont désagrégés :

Démontage du bouchon de vidange avec son "filtre" (à cailloux ?) :
, et de la jauge :
.
Pose de gaine thermo rétractable sur ses connexions, c'est mieux : 
Sous la voiture, on voit bien les deux trappes condamnées sur les cabs : 
Je me demandais s'il était normal que ce tube soit pincé à son extrémité :
. Olivier m'a informé que c'était le "tube de dégazage" destiné à éliminer les poches d'air sur le dessus du réservoir lors des inclinaisons latérales de la voiture, et que c'était juste. Merci Olivier, j'ai encore beaucoup de détails à connaître !
Le petit trou de mise à l'air dans le bouchon de réservoir est OK : 
Le réservoir étant vide et sec (et propre !), j'obture tous les trous et passe l'aspirateur industriel dont le tube a exactement le diamètre du trou de la jauge. L'intérieur semble correct, pas de trace (visible) de poussière de rouille ni d'oxydation ... 
Lundi 14 août, je n'ai pu commencer le remontage que tardivement ...
Le filetage du tube plongeur a été fixé (ou réparé ?) à l'étain.
.
Comme il y avait des traces de fuites d'essence sur le dessus du réservoir, je mets de l'Hermetic sur la rondelle d'étanchéité du tube :
, et sur celle du "filtre" du bouchon de vidange :
. Bouchon de vidange placé :
Nouvelle durite (et nouveau collier de serrage) :
, fixée sur le tube rigide au dessus du réservoir :
.
Le passage du tube rigide et des trois câbles de la jauge côté intérieur :
et extérieur : 
Hermetic aussi sur le joint de la jauge :

Nouvelle durite entre le tube sous plancher et celui courbe sous l'aile AR G :
, et il n'y a "plus qu'à" replacer le réservoir : 
Mardi 15 août, essai.
Je cherche les plus belles côtes dans les environs, plus aucun problème, ça fonctionne comme en 38, et même peut-être mieux ! J'ai d'abord gardé le couvercle en tôle sur la pompe AC :
, puis j'ai replacé la jolie cuve de décantation. Pas moyen de la remplir avec le levier manuel puisque la cuve du carbu est pleine, je mets en marche, et miracle de la technique moderne :
, on entend bien la pompe se mettre en action puis s'arrêter quand la cuve - et le carbu - sont remplis. On voit aussi encore quelques particules de rouille se déposer, merci la cuve en verre, au moins cela n'ira pas dans le carbu ...
Deuxième essai, quelques longues côtes à fond en deuxième et en troisième, elle tire très bien et ... je suis content !
Pas besoin donc d'aller chercher plus loin (ou plus près du moteur), c'était donc bien la tuyauterie qui posait problème, et pas la pompe ni le carbu ... Mais heureusement que cela n'est pas arrivé sur une petite départementale en France (ou ailleurs), à moins d'avoir un compresseur sous la main c'eût été difficile à réparer !
Lors de notre promenade en forêt de Soignes le 20 août, j'ai constaté que la molette de la cuve à décantation de la pompe s'était desserrée. J'avais, faute de liège à joint, conservé le vieux joint caoutchouc bien sec et mince posé à Treignac le 9 août 2011. J'avais bien prévu de le remplacer lorsque j'ai "redressé" le couvercle de la cuve de décantation le 20 août 2011, mais ... je ne l'ai jamais fait !
Olivier m'a très aimablement procuré une petite feuille de liège à joint "NOS" en 2 mm d'épaisseur :
, que je découpe aux dimensions du CDPD : 586.861 Joint de 40 x 54 de la cuve de décantation (R. VI).
.
Je le pose, essai sur route, pas de prise d'air, cela semble parfait. Et, bien que la belle pompe AC n'était pas en cause, j'espère ne plus avoir de problème de carburation pendant ... au moins 12 ans (comme précédemment !).
Une belle promenade hors de bruxelles confirme : pas de problème, vive les vieilles voitures ! (Malgré les commentaires récurrents des connaisseurs de chiottes hybrides ou full électrique : "Ca roule encore, ça ? - "Non, je l'ai poussée jusqu'ici, 50 km sous le cagnard, je suis épuisé ...")