Histoire de l'achat

 

Le 15 décembre, mon ami André m'écrivait ceci :

AV GG,

Voilà tu ne seras pas très content mais j’ai plongé dans la folie jusqu’au délire total.
Que cela fait du bien!!!
Tu trouveras annexé le début de mon Oddysee Citroën 5HP-C3-T2 1924.
Comme tu le verras j’ai rencontré des tas de nouveaux amis prof... mais tellement vrais.
Les coïncidences se succèdent et c’est troublant pour un esprit qui se prétend rationnel.
Imagine; je loge chez l’habitant à Cérons (sud est de Bordeaux), ce sont des amis de mes amis que nous rencontrons en Corse chaque année,
Je ne les connaissais pas et ils m’ont ouvert leur porte et leur cœur sur un simple claquement de doigt de mon amis Bordelais.
Il m’annonce que leur voisin direct, le dentiste du village, est un collectionneur de vieilles voitures Citroën et qu’il voudrait bien me rencontrer.
Attention ceci se passe moins de 5 jours avant mon départ pour Bordeaux dont le but est de remonter la “mignonette”, oui elle m’a ensorcelé.
Je dois encore trouver une remorque pour le transport, vu son état un conteneur de déchet serait plus adapté. Elle est en pièces.
Après de longues et stériles recherches sur le web je trouve un jeune Flamand qui a un plateau artisanal léger et disponible pour un prix abordable.
L’affaire se fait dans les 24 heures et le 09-12-2011 à 11h j’embarque Jacqueline pour l’aventure. Le trajet prend 11h30, le village de Lutèce est comme d’hab impossible.
Arrivé à Cérons nous sommes attendus par un couple d’artistes, elle, comédienne et lui, sculpteur peintre gardien de phare en mer.
Il ouvre pour moi seul, car Jacqueline n’a pas faim, une terrine de porc confit à la graisse d’oie ainsi que de la saucisse du même tonneau, le tout fait maison.
Une orgie gastro!!! “Putaing... que la vie est bonne”.
Nous faisons part de notre intention de ramener du vin doux. Réponse pas de problème le voisin du dentiste est le vigneron du coin; on s’en occupe.
Le lendemain 10 heure, départ pour Cudos lieu-dit “Le Calos” un superbe domaine je ne te raconte pas.
Des gens supppppppper et l’accueil!!!
Toute le famille est là, sans doute me dis-je ils veulent voir ces Belges, curiosité planétaire, pas du tout ils viennent donner un coup de main pour rassembler ce qui est épars, ... sur le sol du hangar.
Bref, à 14heure tout est chargé et je m’apprête à régler la note et faire la facture, pensant il est encore tôt chouette on va être à l’aise pour rentrer bien reposés.
Que nenni, La mère, le père le petit-fils se sont mis en tête de nous restaurer. Soupe du jardin, entrée de charcuteries sur pain local, cuisse de canard confite avec légumes toujours du jardin et le gâteau de pêche et d’abricots le tout arrosé d’un Sauternes 2004 et d’un rouge local dont j’ai oublié le nom puis café pour la route.
Là, il est 16 heure 30, Jacqueline leur dit qu’elle aurait voulu acheter du foie gras frais pour reprendre en Belgique.
La mère émet des réserves, les grossistes n’auront plus rien à cette heure!
Le père ce n’est rien je vais les amener chez??? là aussi le nom m’a échappé.
Comme nous leur disons au revoir, la mère nous tend un sac avec un gros bocal de stérilisation et une bouteille et dit si vous ne trouvez rien ce sera toujours une petite compensation.
Un foie gras maison et un Sauternes 2004, rebelote.
Arrivée à Cérons, la commande de vin est là. et la fête peut commencer.
Nous nous retrouvons à 8 autour de la table de la cuisine salle à manger.
Nos logeurs et un couple de leur copains Pyrénéens ainsi que le dentiste. Notre hôte nous propose en plus des rillettes d’oie au Sauternes, du bar pêché par lui quand il était au phare la semaine précédente. Plus le vin le café le gâteau de coco, ... Mais avant tout, une ambiance, une chaleur humaine, qui malgré mes nombreuses expériences des groupes humains, m’éblouissent toujours autant.
Bien entendu Denis ( le dentiste) et moi avons beaucoup parlé d’autant plus qu’une de ses voitures est une Citroën 5HP-C2-T2-1923 en parfait état de marche.
Le choc on va la voir, là Jacqueline me pardonne enfin ma connerie égoïste. Il n’y a plus qu’a remettre ma mignonette dans le même état.
C’est là que je vais avoir encore besoin longtemps de mon psy et de tous mes amis.
Nous décidons de rentrer en Belgique le lendemain à 8heure.
Levé 6h 30, petit déjeuner 7heure, dring dring toc toc on frappe à la porte, entre crie mon hôte, un homme grand, mince en salopette de mécano du Mans, la casquette à la main et arborant le sourire rayonnant de l’enfant qui vient de recevoir son plus beau cadeau de St Nicolas fait son entrée dans la pièce, c’est Denis.
André si tu veux et que tu as un peu de temps j’ai sorti la 5HP. Ni une ni deux, je ne saurais dire si j’ai terminé mon café, je suis sur le pas de la porte.
Il plaisante, si je veux, si j’ai du temps, ici le temps s’arrête on a toujours le temps. Elle est là moteur tournant, quelle musique, je suis le ketje de Bruxelles qui s’écarquille les yeux devant “La” voiture du notable local. Visite complète de la belle, avec émotion et respect, et blablabla et blablabla cela ne peut s’arrêter sauf quand Denis me glisse doucement à l’oreille comme un garnement propose à son copain un mauvais tour. Tu viens on va faire un tour c’est la bonne heure. Il est 8h 15 environ et il fait encore noir.
Jacqueline, qui à compris sans mot dire, hoche de la tête en approbation à mon regard interrogateur.
Nous voila partis à le fabuleuse vitesse de 50 km/h. Les phares jaunes éclairent doucement l’asphalte, de temps à autre nous croisons une moderne qui ne peut respecter la limitation de vitesse vu sa mauvaise nature. Denis profite d’une ligne droite et horizontale pour lancer son bolide à près de 60 km/h, impressionnant, là l’expression “ça décoiffe” prend tout son sens vu le manque de fermeture de côtés. A cette vitesse Denis prend sans ralentir un virage à droite de 90°, la caisse s’incline sur ses lames, la gîte doit atteindre 45° mais pas de crissement de gomme, des Michelin confort basse pression, ça tient. Dans une rue déserte et endormie en ce dimanche matin, Denis tourne la tête vers moi et je lis dans ce regard d’enfant qu’il va faire quelque chose de défendu. Oui il brave l’interdit républicain, Pouet-Pouet-Pouet, il a osé klaxonner.
Nous revenons à ma voiture attendant que je redevienne un adulte responsable et respectueux de notre belle démocratie.
Nous nous sommes embrassés, en nous jurant qu’il y aurait une suite à cette parenthèse de bonheur dans ce monde de fous.
Denis me donne aussi un sac Citroën contenant une bouteille étiqueté pour un rallye qu’il a organisé le 11 et 12 juin 2011 plus la plaque et un livret ainsi qu’une carte postale où on le voit au volant de sa 5HP décapotée sur le circuit de Montlhéry.
Le retour fût très long, partis à 11h du matin le 11 nous sommes arrivés le 12 à 1h 30 du matin.
J’avais voulu être malin en passant par Rouen et Amiens mais c’est sans compter avec le bordel du coupe jarrets qu’est le système autoroutier de Rouen.
Je ne te le raconte pas car c’est navrant comme constat de malhonnêteté et d’incompétence.
Cela ne m’étonne plus que les grandes cathédrales se trouvent dans le nord, ils ont beaucoup à se faire pardonner et ils le savent mais ils continuent.
Rentré j’ai déchargé ce qu’il y avait dans ma voiture et donc dodo à 3h.
Lundi je suis seul et je dois trouver le moyen de décharger la mignonette et de la protéger pour l’hiver.
Encore une journée bien remplie, mais qui s’achève dans les temps grâce aux enseignements de la marine, poulies, palans, leviers, rouleaux, rails, etc...
Je t’envoie quelques photos pour l’ambiance.

 

Quelques photos :

Et le Ppt ...

 

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